Le Balai Citoyen, du « Y en a marre » à la Burkinabè

smokey-smas-kLa marche de milliers de citoyens burkinabè ce samedi 29 juin a été considérée par beaucoup d’observateurs comme historique  au Burkina Faso. Elle est même peut-être déjà gravée dans l’histoire d’une

initiative citoyenne qui pourrait faire parler d’elle dans les jours à venir: Le Balai Citoyen, un mouvement dont on a eu connaissance au cours du meeting qui a précédé la marche, et dont Burkina 24 a annoncé en exclusivité le lancement.
 
Le Balai Citoyen, c’est une sorte de mouvement Y en a marre qui voit le jour au Burkina Faso, avec à l’initiative deux leaders d’opinion et de jeunesse, le rappeur Smockey et le reggae man Sam’s K. Leur mouvement n’a pas seulement le contexte de naissance et les objectifs comme seul point de ressemblance avec Y en a marre qui a pesé de tout son point pour l’alternance au pays de la Teranga. Les initiateurs du Balai Citoyen sont eux aussi des artistes qui n’ont pas la langue dans la poche, et mieux, il faut dire, dont l’engagement citoyen n’est plus à démontrer.
Quelques jours en arrière pour parler d’une coïncidence: les deux leaders du mouvement Y en a marre, les rappeurs Keur Gui, séjournaient dans la capitale burkinabè, à quelques jours de cette marche du 29 juin. Dans le cadre du festival Ciné Droit Libre,  tous les quatre (Keur Gui, Smokey et Sam’s K) ont partagé les mêmes scènes, notamment au village du festival. Coïncidence encore, le thème du festival était cette interrogation: Où va l’Afrique? Une interrogation dont la réponse, selon justement un des leaders de Y en a marre, passera par l’engagement ferme des citoyens, pour, entre autres, dire non aux longs règnes et à la mal gouvernance.
Faire la part avec les politiques
Ce samedi, à la place de la Nation, entre deux vagues de leaders politiques de l’opposition, on annonçait l’entrée dans la place de Smockey et de Sam’s K, accueillis par un tonnerre de bruit. Au micro, c’est le second qui annonce les couleurs, brandissant un balai: « Je veux dire à cette opposition que nous ne sommes pas sortis pour rentrer sans suite. On va rester mobilisé jusqu’à ce que les gars (Ndlr: les gens du pouvoir) reculent », a lancé comme un avertissement Sam’s K. On sait d’ailleurs que ces deux-là ne sont tendres ni avec le pouvoir ni avec l’opposition. Et, de participer à cette marche organisée par les partis d’opposition, ne veut pas dire qu’ils sont de l’opposition, du moins de cette politique.
 
C’est d’ailleurs  la marque du nouveau mouvement que ces deux leaders ont lancé ce 29 juin. De quoi s’agit-il? Burkina 24 a pu s’entretenir au cours du meeting avec un des initiateurs. Balai en main, c’est Smockey qui nous explique le concept:  « Le balai c’est un mouvement apolitique qu’on veut lancer, pour tous ceux qui veulent réagir mais qui n’ont pas envie de s’engager dans un parti politique. Nous on s’en fou. On s’engage partout, du moment que le combat est loyal et que les idées sont claires. Nous on suit les idées, pas les individus, ni les institutions d’ailleurs. […] Contrairement à ce que les gens disent, que c’est de la connivence avec les politiques, nous n’avons pas d’ambition politique. L’intérêt pour nous c’est de montrer aux gens qu’il faut réagir. Et nous nous essayons d’être des sentinelles ».
Le symbole du balai
« On a modestement appelé ça le balai citoyen, et c’est tout un symbole. Le Burkina Faso a besoin d’un sacré nettoyage. Depuis presque trente ans on subit, on subit et on réagit pas. Il y a une part infime de la population qui a commencé à s’enrichir impunément pendant que le reste dégraisse. Je crois qu’il grand temps de foutre un bon coup de balai à tout ça pour crier notre ras-le-bol. » Voila ce que symbolise le balai pour les initiateurs du mouvement, qui prend déjà ses marques sur Facebook.
 
Le mouvement Balai citoyen pourra-t-il mobiliser au Burkina comme Y en a marre au Sénégal? Pour Smockey les jeunes ont toujours attendu une étincelle, ou d’être bousculés pour commencer à réagir. « J’ai l’impression que ça commence à réagir, conclut le rappeur, et je ne suis pas pessimiste quant à l’engagement des jeunes sur le terrain [...] La plupart des gens ont peur de réagir pour telles ou telles raisons. On est là pour montrer aux gens que quand on veut quelque chose, il faut aller jusqu’au bout ».
Pour Smockey, ce n’est plus le nombre qui importe, même si à cette marche, les jeunes sont sortis nombreux. Voici ce qu’il en dit exactement, interrogé par Burkina 24 : « S’il faut réagir, même si je suis tout seul, si on est deux ou trois, on va faire avec parce que je crois qu’à force de vouloir attendre les gens ont fini par ne rien faire. On ne s’intéresse plus vraiment au fait qu’il y ait du monde ou pas. Si vous prenez l’exemple du mouvement Y en a Marre, au début il n’était pas nombreux. A un moment donné, il faut se lancer, et c’est ce que nous avons décidé de faire, parce qu’il y a des gens qui attendent qu’il y a des gens qui entament pour pouvoir aussi réagir. »
Justin Yarga
Source: BF24

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